L’Open source ou la Vie

L’Open source donne un accès libre et illimité au code source d’un programme, avec la possibilité de le modifier, de le compléter et de le diffuser à sa guise. Cette approche diffère bien évidemment des choix propriétaires qui ont prédominé pendant les années 80 avec la domination notoire de Microsoft et de son Windows. La diffusion de logiciels libres a également profité de l’émergence d’internet dans les foyers et qui a permis de partager beaucoup plus vite des informations.

Cependant, contrairement à la pensée actuelle, l’Open source et la notion de code source partagé ont précédé les grandes sociétés de logiciels propriétaires puisque dès les années 1950, IBM fournissait le code source de ses logiciels aux clients qui investissait dans un ordinateur de la marque.

Deux visions s’opposent donc : la vision capitaliste (ou égoïste) ou la vision communautaire (ou altruiste).

La Vision Capitaliste

Les bases de cette approche sont simples : un développeur engage du temps, de l’argent et des ressources pour développer un logiciel. Celui-ci supporte donc l’ensemble des coûts tant financiers qu’humains de la création dudit logiciel et fait donc payer son client pour obtenir le droit d’utiliser son logiciel, avec pour objectif évident de vendre plus que ce que le développement aura coûté.

Dans le meilleur de cas, l’argent ainsi récolté sera réinvesti dans le logiciel lui-même pour lui assurer un avenir et un bon support tout en enrichissant ses propriétaires. Dans le pire des cas, l’avenir et le support seront oubliés.

Rappelons une chose importante à ce sujet. Lorsque vous acheté une boîte d’un logiciel (quel qu’il soit, logiciel bureautique ou même logiciel de jeu vidéo), vous ne devenez pas propriétaire du logiciel mais d’une licence vous autorisant à vous en servir. Le logiciel reste la propriété de son créateur, ou d’une entité physique ou morale qui en aura fait l’acquisition à un moment donné.

La notion de « propriétaire vendeur » induit nécessairement une notion de « client acheteur ». Une obligation de résultat du logiciel est également induite et si un logiciel propriétaire entraîne une perte avérée d’informations dommageable pour son utilisateur, le « client » peut éventuellement se retourner contre le « vendeur » pour réparation.

La Vision Communautaire

A l’opposée de la vision centrique capitaliste se situe la vision excentrique communautaire. La principale différence vient de la position du développeur par rapport au logiciel qu’il a créé. Ici aussi, un développeur décide d’investir du temps et des ressources (et donc de l’argent) pour créer un logiciel. Cependant, ce logiciel n’est pas nécessairement terminé ou débogué lorsqu’il est fourni au public sous une forme libre. En ouvrant son logiciel au monde, le développeur initial peut potentiellement créer une communauté d’autres développeurs si son concept intéresse du monde.

La chose la plus importante dans le monde de l’Open source est similaire au monde propriétaire. Il s’agit de la notion de licence. Un code libre ne veut pas dire qu’il n’y a aucun encadrement. Une des licences les plus connues, la General Public Licence (ou GPL) inclut dans ses clauses une propriété fondamentale pour l’essor du logiciel libre. Toute modification apportée à un code source libre doit être partagée selon les mêmes termes, et donc rendue libre également. Ce qui permet l’avancée de tous.

Mais alors comment gagne-t-on de l’argent dans le monde libre ? Plusieurs possibilités existent à ce niveau-là :

  • Vendre son logiciel libre
    La General Public Licence est une des rares (sinon la seule) licences à autoriser le diffuseur à vendre ou à revendre son code source libre. Mais comme le code source vendu doit être libre et que la licence autorise la rediffusion de façon gratuite, les sources d’accès payantes n’ont qu’un potentiel très limité. Pourquoi payer si l’on peut avoir un accès légal gratuit identique ?
  • Publier son code source selon plusieurs licences
    En tant que créateur ou originel, il est possible de publier son code source selon plusieurs licences différentes, comme par exemple une licence Open source (qui requiert donc que le logiciel qui sera déployé au final soit Open source lui aussi) et une licence commerciale (qui autorise les développeurs du logiciel suivant à ne pas diffuser leurs sources). C’est le cas notamment du framework Qt, actuellement propriété de Nokia, et utilisé notamment par le gestionnaire de bureau libre KDE.
  • Faire payer le support ou des services
    La notion d’Open source ne porte que sur la liberté d’accès au code source. Rien n’interdit le créateur de faire payer des services connexes comme le support technique pour faciliter l’intégration des outils. On retrouve dans ce cas des sociétés comme Canonical (créateurs d’Ubuntu) ou Red Hat.
  • Offrir un service amélioré
    Nous entrons aujourd’hui dans l’ère du « cloud« , autrement dit des services hébergés sur des sites internet plutôt que des applications installées directement sur nos ordinateurs. Différentes sociétés du monde Open source ont décidé d’embrasser ce mouvement en proposant des services gratuits utilisant leur propre logiciel mais avec des portions payantes pour les utilisateurs désirant aller plus loin. Dans ce cas, on ne paye pas le logiciel, mais simplement l’accessibilité à une partie du service hébergé. Un des exemples de réussite les plus récents reste la plate-forme WordPress.com sur laquelle est hébergée ce blog.
  • Les donations directes

Un Logiciel Libre doit-il rester Gratuit pour ses Utilisateurs ?

La question est large, mais la réponse est oui. La gratuité est la meilleure forme d’égalité et permet l’accès à tous aux mêmes services. Cela garantit donc en partie la neutralité que l’on commence à exiger aujourd’hui d’internet.

Cependant, que penser du fait que des sociétés gagnent de l’argent en utilisant des logiciels libres sans reverser quoi que ce soit aux créateurs originaux ? Cela fait partie du jeu du logiciel libre. Diffuser son code source sous cette forme implique que n’importe qui pourra s’en servir sans compensation.

Il existe cependant des moyens de remercier les auteurs de logiciels libres sans pour autant systématiquement parler d’argent. Voici la liste des actions que j’ai personnellement entamées sur différents projets :

  • depuis plusieurs années, je contribue à la traduction française de TortoiseSVN
  • j’ai effectué une donation pour le logiciel CyberDuck
  • j’aide à la résolution de bugs sur différents plugins WordPress

Cet article a été motivé par ma décision récente d’intégrer la communauté WordPress encore plus activement en tentant de corriger des bugs du logiciel principal et en proposant de nouvelles fonctionnalités.

Tous les projets auxquels j’ai contribué sont tous des logiciels que j’utilise intensivement dans mon travail et/ou dans mes loisirs. Après plusieurs années d’utilisation à sens unique, il m’est apparu important de renvoyer la balle et j’engage tous les développeurs et créateurs motivés à en faire de même pour ces projets et bien sûr pour d’autres

Publicités

Les Chaînes de Télévision, les Séries et le Téléchargement Illégal

Dans le domaine du téléchargement illégal, on compte différents best-sellers dont la musique, le jeu vidéo et le cinéma. Mais le grand gagnant de ces dernières années est certainement le créneau des séries TV, principalement américaines. Lost, Grey’s Anatomy ou encore True Blood en ont fait les frais comme beaucoup d’autres titres en provenance des Etats-Unis. Bien que je sois contre le téléchargement illégal sous toutes ses formes (P2P, sites de téléchargement direct, échanges, …), je peux cependant comprendre pourquoi beaucoup de Français choisissent (plus ou moins consciemment, voire plus ou moins volontairement) de se mettre dans l’illégalité pour profiter de ces produits de divertissement.

L’Offre Télévisuelle et la Mise en Concurrence

Nos chères chaînes de télévision généralistes que sont TF1, France Télévisions ou M6 proposent de plus en plus de séries avec des thématiques diverses et variées, mais principalement policières. Ces séries se recoupent ou se suivent parfois afin de fidéliser un public formaté, ce n’est donc pas un hasard de voir une série comme Les 4400 débarquer sur M6 qui a porté The X-Files pendant neuf ans, ou toutes les déclinaisons des Experts ou des New York de Dick Wolf. Malheureusement, il n’y a que peu de créneaux à forte audience par semaine pour diffuser l’ensemble des épisodes d’une saison de série (généralement 13, 22 ou 26 épisodes) et le nombre de titres diffusés en est donc évidemment restreint, d’autant plus si l’on compte les incessantes rediffusions.

Toutefois, tout cela constituerait une offre certes limitée mais cohérente si les chaînes parvenaient à respecter les produits qu’elles diffusent. Il n’est pas rare de voir la diffusion d’une saison dans un désordre total, ne conservant pas l’ordre original des épisodes, rendant parfois certains événements complètement incohérents. La chaîne M6, notamment, est également coutumière de déprogrammer une série sans prévenir, la reprogrammant quelques semaines (voire souvent quelques mois) plus tard sans avertissement non plus. Ce fut le cas de la saison 6 de Bones, déprogrammée le mercredi 16 mars 2011 après seulement trois épisodes (reprogrammation a priori prévue pour début avril 2011, le vendredi soir).

La loi du marché entraîne aussi des comportements, certes logiques, mais embarrassants. Pour s’assurer une audience intéressante, des chaînes différentes n’hésitent pas à confronter plusieurs séries aux mêmes horaires, même si d’autres plages horaires dans la semaine l’éviteraient. Comment faire alors pour pouvoir suivre l’ensemble ?

Les Moyens de Rattrapage

Avec l’avènement d’Internet et des boîtiers de réception TV par ADSL, il est désormais possible d’avoir accès aux services de rattrapage ou de catch-up, qui permettent de voir ou de revoir gratuitement certains programmes jusqu’à une semaine après leur diffusion initiale. Ils s’appellent MyTF1, M6 Replay ou encore Pluzz pour France Télévisions. Pour des questions de droits, toutes les séries ne sont pas disponibles, mais beaucoup des grands titres sont représentés. En dehors de cela, il n’existe pas véritablement d’autre moyen légal de visionner gratuitement des épisodes de séries TV, exceptés quelques services exceptionnels et souvent confidentiels.

Passage à la Caisse

Du côté payant en revanche, l’offre est beaucoup plus fournie. La quasi totalité des séries TV sont désormais distribuées sous forme de coffrets DVD, voire Blu-Ray pour les plus récentes. La location via les boîtiers TV par ADSL s’est également ouverte aux séries les plus porteuses, comme Docteur House ou Grey’s Anatomy. L’achat d’épisodes à l’unité est également une solution possible sur les différents sites de vente de vidéos en ligne des chaînes de télévision (TF1 Vision, M6 VOD) ou sur des plate-formes comme iTunes d’Apple. Mais dans la plupart des cas, les prix pratiqués sont tout à fait prohibitifs et ne proposent pas toujours des versions originales sous-titrées que recherchent les fans les plus assidus (1,99 € par épisode sur TF1 Vision, soit environ 50 € pour une saison complète).

D’un point de vue purement marketing, ce prix pourrait se justifier pour une série largement diffusée à la télévision comme Docteur House. Les téléspectateurs ont ainsi pu découvrir la série gratuitement et investir à terme dans le produit s’il les intéresse, quitte à y mettre le prix. Mais comment justifier un prix de 52 € pour une saison complète d’une série qui n’aurait pas encore été diffusée en France (prix relevé en magasin sur le coffret intégral de la saison 1 de The Big Bang Theory) ? Difficile d’acheter un produit de divertissement à ce prix-là sans le connaître un minimum.

Hypocrisie des Ayant-droits

Les ayant-droits de l’audio-visuel ont fait pression sur les différents gouvernements français depuis 2006 pour faire adopter trois lois que sont les lois DADVSI, Hadopi et Hadopi 2. Ces lois visent à protéger les droits d’auteur et la propriété intellectuelle sur Internet et définissent également un volet répressif à l’encontre de l’internaute amené à télécharger illégalement.

Toutefois, à l’heure de la dématérialisation et de la disparition progressive des supports de stockage physique, on est en droit de se demander pourquoi ces fameux ayant-droits (maisons de disque et de production audiovisuelle, chaînes de télévision, etc…) n’incitent pas plus les internautes et les téléspectateurs à utiliser des moyens de téléchargement légaux en réduisant les prix ou en agrémentant leur contenu.

Une démarche relativement saine commence à s’instaurer dans le domaine musical avec des solutions légales fiables comme Deezer, qui permet d’écouter gratuitement avec quelques publicités 7 millions de titres. Éventuellement, pour 10 € par mois, les publicités disparaissent et vous pouvez également conserver la musique avec vous sur votre téléphone mobile ou lecteur MP3 type iPod Touch. Deezer rend le téléchargement illégal de musique illégitime. 7 millions de titres pour 10 € / mois, on est bien loin des 9,99 € pour 15 titres achetés sur l’iTunes Store ou des 15 € à la Fnac !

Mais voilà, des lois répressives existent désormais. Une solution de facilité qui ne laisse que deux choix possibles aux internautes : rester dans la légalité et ne profiter que d’un minimum ou franchir la ligne rouge et risquer de s’exposer à des représailles. Encore une fois, c’est au consommateur français de s’adapter à un modèle économique sur le déclin. Pourquoi des sites de vidéo à la demande gratuite comme Hulu n’existent-ils pas en France ? Le marché américain n’est pourtant pas si différent.

Conclusion

Même si je ne pratique pas personnellement ni ne cautionne le téléchargement illégal, il est aisé de comprendre pourquoi tant d’internautes décident d’aller piocher dans la base de données illicite mais gratuite du Net :

  • Pourquoi devoir attendre (hormis pour les questions de doublage) des mois avant de pouvoir visionner une série en France ? (Ceci est en train de changer pour certains titres très populaires, mais pas de façon gratuite, notamment sur TF1 Vision)
  • Pourquoi devoir subir un doublage de plus en plus bâclé et des traductions parfois tout à fait hasardeuses ?
  • Pourquoi ne pas pouvoir visionner une saison dans son ordre original ?
  • Pourquoi proposer des centaines de rediffusions d’épisodes vus et revus plutôt que de nous proposer de nouvelles séries de qualité ?