Blanche-Neige et le Chasseur

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Après l’année 2011 et ses deux Guerres des Boutons, nous avons droit en 2012 à deux nouvelles interprétations du conte de Blanche-Neige. Si beaucoup s’accordent pour dire que le premier menė par Julia Roberts ne marquera pas les esprits, qu’en est-il pour ce Blanche-Neige et le Chasseur un peu plus éloigné de la version originale ?

75 ans après la version animée de Walt Disney parue en 1937, le réalisateur Rupert Sanders signe pour son premier film une version beaucoup plus sombre et épique que l’original, remplie de magie noire et de bons sentiments. Ce mélange à mi-chemin entre Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban et le Seigneur des Anneaux peine cependant à convaincre, tant il a déjà été vu et revu de toutes les bonnes et les mauvaises façons. Et ce n’est pas la principale contradiction du film, bien qu’elle soit une pure question de goût, qui contrebalancera ce fait.

En effet, Blanche-Neige n’est-elle pas censée être « la plus belle entre toutes » ? Mais Kristen Stewart qui joue la jeune princesse ne tient malheureusement pas la comparaison face à Charlize Theron, reine de beauté, qui incarne avec un charisme impressionnant la méchante sorcière. Voilà d’ailleurs la principale qualité et le principal défaut de ce film.

Autour de la prestation de Charlize Theron, le reste de ce long métrage semble bien fade et se cantonne à un classicisme fonctionnel. Kristen Stewart joue à nouveau une adolescente ingénue et impétueuse dont la beauté éclipse la potentielle intelligence. Chris « Thor » Hemsworth se retrouve cantonné quant à lui à son rôle de héros vengeur et pathétique dans lequel on le connaît déjà. Les décors sont certes de qualité mais manquent d’originalité, y compris dans le sanctuaire où les esprits attentifs auront reconnu une forte inspiration du célèbre Princesse Mononoke d’Hayao Miyazaki.

À la question « s’agit-il d’un bon film ? », je répondrai probablement qu’il vaut au moins d’être vu une fois pour la curiosité, mais une projection chez soi en location en vidéo à la demande remplira tout aussi bien son office.

Intouchables

Philippe (François Cluzet) est un riche homme d’affaires des beaux quartiers parisiens. Driss (Omar Sy) est quant à lui un zonard de banlieue classique. Le premier est devenu tétraplégique suite à un accident de parapente, le deuxième est une victime parmi tant d’autres du chômage français et de la marginalisation des cités. Lors d’un entretien d’embauche pour un poste d’aide de vie pour Philippe qui ne devait être qu’une simple formalité pour le renouvellement de ses droits, Driss se retrouve propulsé dans le monde du handicap de son nouveau patron. L’un comme l’autre vont voir leurs repères bousculés et une relation tant inédite que fusionnelle va se créer entre les deux hommes.

2011 aura été une année d’une rare originalité dans le cinéma français. Après Michel Hazanavicius qui a brillamment relevé avec The Artist le défi du cinéma muet, Eric Toledano et Olivier Nakache se sont attaqué au difficile mélange de la comédie et du handicap avec Intouchables. Lorsque deux sujets aussi éloignés sont traités ensembles, on peut se demander comme Pierre Desproges à son époque si l’on peut réellement rire de tout avec tout le monde. Cependant, dans le cas présent, rien ne l’interdit. Le handicap de Philippe n’est finalement qu’un prétexte à la rencontre entre ces deux personnages.

Bien entendu, pour nous, public valide pleinement capable de nos mouvement, la tétraplégie est une inconnue et notre perception du film est nécessairement différente de celle des personnes atteintes de handicaps similaires. Mais, à aucun moment dans le film la maladie ou, ici, les traumatismes du personnage ne sont montrés comme motif de moquerie ou ne sont déclencheurs de rire. Au contraire, Philippe est un homme riche, tant financièrement que culturellement, maître de sa vie et qui ne laisse personne lui dicter sa conduite. C’est Driss, inadapté à cette vie rangée où règne la bienséance, qui concentre le ridicule de toutes les situations et qui bouscule également les habitudes de l’hôtel particulier où se situe la majeure partie de l’action du film.

Mais le film ne s’arrête pas au comique de situation et met également en avant les difficultés intimes des personnages à vivre leur propre vie. Le rythme général est parfaitement équilibré entre des séquences drôles et d’autres plus touchantes, sans pour autant tomber dans le pathétique. La légèreté reste le maître-mot de ce film. La bande-originale est d’ailleurs à l’image de tout le reste du film en reprenant un savant mélange de musique classique, de soul et de compositions originales principalement au piano : profonde, festive et légère.

Rares ont été les occasions dans ma vie de cinéphile de voir une salle applaudir à la fin de la projection, mais il est bon de constater qu’à l’ère des effets numériques superflus et des scenarii minimalistes le public sait encore reconnaître un vrai bon film.

Skyline

On pourrait résumer Skyline par « un film tout bleu mais sans James Cameron« . Plus clairement, et pour ne pas tourner autour du pot, Skyline est un film qui a autant d’effets de spéciaux de qualité qu’il a peu de scénario recherché. Le pitch est simple : une bande d’extra-terrestres débarquent sur Terre pour éradiquer la race humaine.

Histoire

Terry et Jordan sont deux amis d’enfance qui se retrouvent à Los Angeles pour fêter l’anniversaire de Terry. Après une soirée bien arrosée, tout le monde dort dans le spacieux appartement de Terry au dernier étage d’un immeuble flambant neuf. C’est le moment que choisit une race extra-terrestre belliqueuse pour venir semer le trouble. D’étranges lumières bleues atterrissent dans les rues de la ville et commencent à capturer les humains à proximité en prenant le contrôle de leur esprit. Terry, Jordan et trois autres personnages en réchappent par magie, quasiment seuls au monde après la première attaque. Comment vont-ils s’en sortir ?

A vrai dire, qu’ils s’en sortent ou pas n’a que peu d’intérêt dès les premières minutes du film. On comprend très vite qu’il ne faudra pas compter sur les personnages aussi caricaturaux que faibles pour apporter un réel contenu au film. On finit très rapidement par se lasser des tirades héroïques poussives et des concepts hasardeux comme la thématique de la femme enceinte qui ne parvient pas à accrocher la sympathie du public, le personnage d’Elaine (Scottie Thompson) étant aussi glacial que la lumière bleue des extra-terrestre.

Conclusion

Les frères Strause ne sont pas reconnus pour leur finesse cinématographique avec à leur actif le deuxième volet d’Aliens vs Predator : Requiem. Ils le prouvent une nouvelle fois avec Skyline, film emblématique de la politique marketing hollywoodienne : une campagne de pub tous supports pour occuper le terrain et attirer un maximum de monde dans les salles, des effets spéciaux tape-à-l’œil et un scénario inexistant. Rien à voir avec d’autres titres comme le récent Monsters, qui, sans pour autant défrayer la chronique, apporte son lot d’originalités. A éviter donc !

Unstoppable

Imaginez un train de marchandises de 900 mètres, soit à peu près 5 000 tonnes, et 20 000 litres de carburants lancés à 110 km/h sur une voie de transit bordée par de grandes agglomérations, le tout sans mécanicien aux commandes et vous obtiendrez le cocktail détonant d’Unstoppable.

Sorti le 10 novembre 2010, ce film est arrivé récemment sur les services de VOD avec comme acteurs principaux Denzel Washington (Philadelphia), Chris Pine (Star Trek) et Rosario Dawson (Sin City). Après le visionnage, je le classerais volontiers dans la catégorie bonne pioche. Ce long métrage tiré d’une histoire vraie réussit l’audacieux pari de combiner action effrénée et suspens insoutenable sans un seul coup de feu en direction d’un humain (quelques balles sont tout de même tirées par des policiers pour tenter d’arrêter le convoi).

A voir !

L’Arnacoeur : Bonne Pioche

Après avoir acheté le très décevant Lucky Luke en Blu-Ray, je suis allé voir ce dimanche en salle le dernier film de Romain Duris et Vanessa Paradis : L’Arnacœur.

Je ne vous parlerai pas de l’histoire du film, à découvrir par vous-même. Je vous en dirai simplement du bien : qu’il s’agit d’un film certes léger mais que parfois cela fait aussi du bien. Ici, pas d’arme, pas de violence gratuite, beaucoup d’humour et de romantisme. Bref, un film de printemps qui va bien avec l’air du moment.

A voir absolument, de préférence en bonne compagnie !