Intouchables

Philippe (François Cluzet) est un riche homme d’affaires des beaux quartiers parisiens. Driss (Omar Sy) est quant à lui un zonard de banlieue classique. Le premier est devenu tétraplégique suite à un accident de parapente, le deuxième est une victime parmi tant d’autres du chômage français et de la marginalisation des cités. Lors d’un entretien d’embauche pour un poste d’aide de vie pour Philippe qui ne devait être qu’une simple formalité pour le renouvellement de ses droits, Driss se retrouve propulsé dans le monde du handicap de son nouveau patron. L’un comme l’autre vont voir leurs repères bousculés et une relation tant inédite que fusionnelle va se créer entre les deux hommes.

2011 aura été une année d’une rare originalité dans le cinéma français. Après Michel Hazanavicius qui a brillamment relevé avec The Artist le défi du cinéma muet, Eric Toledano et Olivier Nakache se sont attaqué au difficile mélange de la comédie et du handicap avec Intouchables. Lorsque deux sujets aussi éloignés sont traités ensembles, on peut se demander comme Pierre Desproges à son époque si l’on peut réellement rire de tout avec tout le monde. Cependant, dans le cas présent, rien ne l’interdit. Le handicap de Philippe n’est finalement qu’un prétexte à la rencontre entre ces deux personnages.

Bien entendu, pour nous, public valide pleinement capable de nos mouvement, la tétraplégie est une inconnue et notre perception du film est nécessairement différente de celle des personnes atteintes de handicaps similaires. Mais, à aucun moment dans le film la maladie ou, ici, les traumatismes du personnage ne sont montrés comme motif de moquerie ou ne sont déclencheurs de rire. Au contraire, Philippe est un homme riche, tant financièrement que culturellement, maître de sa vie et qui ne laisse personne lui dicter sa conduite. C’est Driss, inadapté à cette vie rangée où règne la bienséance, qui concentre le ridicule de toutes les situations et qui bouscule également les habitudes de l’hôtel particulier où se situe la majeure partie de l’action du film.

Mais le film ne s’arrête pas au comique de situation et met également en avant les difficultés intimes des personnages à vivre leur propre vie. Le rythme général est parfaitement équilibré entre des séquences drôles et d’autres plus touchantes, sans pour autant tomber dans le pathétique. La légèreté reste le maître-mot de ce film. La bande-originale est d’ailleurs à l’image de tout le reste du film en reprenant un savant mélange de musique classique, de soul et de compositions originales principalement au piano : profonde, festive et légère.

Rares ont été les occasions dans ma vie de cinéphile de voir une salle applaudir à la fin de la projection, mais il est bon de constater qu’à l’ère des effets numériques superflus et des scenarii minimalistes le public sait encore reconnaître un vrai bon film.

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